CRISE DES FRUITS

                           EN FRANCE
                        UNE SOLUTION ?

décembre 1949 la situation
 

été 1999:
Aujourd'hui les producteurs de fruits sont en crise.
Lorsque tout va mal, il faut bien trouver un bouc émissaire ; soit c'est l'état qui perçoit des charges et taxes trop élevées, ou comme aujourd'hui les grandes surfaces qui tirent les prix vers le bas.
Pourtant le problème n'est pas nouveau, nous sommes dans une économie de marché et l'offre est tributaire de la demande.
Si les fruits se vendent peu cher,  c'est qu'il y a surproduction et le problème est le même  depuis plus de vingt ans. N'en avons-nous pas déjà vu des fruits déversés sur les routes ?
Pourquoi la situation est-elle toujours ainsi aujourd'hui ?
HISTORIQUE :
S'il l'on relit les revues de la société pomologique de France (association qui regroupait par le passé les professionnels de la production des fruits et les pépiniéristes)
et notament le numéro de décembre 1949 ici reproduit ,
on s'aperçoit que les producteurs de fruits dans les années 1930 à 1940 produisaient et vendaient toutes les variétés possibles, imaginables et notamment toutes les variétés locales adaptées au terroir et au climat de la région de production.
Les producteurs de fruits déploraient alors cette situation car cette disparité selon les réflexions de l'époque étaient contraires à une bonne productivité.
Au fil du temps, on a donc cherché à ne produire que quelques variétés pour finalement ne plus vendre, pour les pommes par exemple, que des granny et autres Golden delicious que l'on arrache aujourd'hui pour planter des variétés dont le nom sonne " à l'américaine" et sur lesquelles on paye même des droits à un "obtenteur" de la variété :
PINK LADY (australie) - MELROSE (USA) - BRAEBURN (N-Zélande) - FUJI (Japon) etc..
 On a aussi cherché à cultiver d'avantage sur des plus petits arbres mais produisant d'avantage en les arrosant trente fois dans l'année de pesticides pour lutter contre maladies et ravageurs.
Aujourd'hui le résultat est là, il y a bien plus de fruits produits que n'en consomme le client et les prix s'effondrent sur le marché.
Aujourd'hui, la situation est pourtant claire : le consommateur recherche un produit saint et de qualité;
Conclusion :
Alors pourquoi ne pas revenir tout bêtement en arrière ?
Pourquoi ne pas délaisser l'uniformité,les logiques de productivité et planter des arbres fruitiers de variétés locales qui ont fait leurs preuves et qui sont souvent très résistantes aux maladies et très fertiles lorsqu'elles sont cultivées dans le terroir qui les a vues naître. De surcroit, le goût, longtemps oublié devrait faire un retour en force et présenter  sa grande diversité que le consommateur ignore.
Pourquoi ne pas ainsi vendre des fruits sous une appellation d'origine contrôlée à l'image de la Mirabelle de Nancy ou de la noix de Grenoble par exemple ? La France est très fière de ses vins et de ses fromages et ils doivent bien leur réputation par leur qualité, leur diversité et leur originalité régionale. Alors pourquoi ne pas étendre ce principe aux pommes, poires, pêches, prunes etc.
Quant aux produits chimiques pourquoi ne pas se contenter de trois ou quatre traitements dans une année à l'aide de produits naturels et qui ne seraient qu'à moitié efficaces pour les fruits mais bien suffisants pour l'arbre ? . Pourquoi ne pas utiliser les chômeurs pour le désherbage, l'entretien et le tri des fruits ? .
Certes, cette méthode serait plus onéreuse mais le consommateur n'est-il pas prêt aujourd'hui à payer le prix de sa santé ?
Cette solution permettrait sûrement de récolter une bonne quantité de fruits qui, une fois trié seraient  destinés à la consommation de table pour les plus gros calibres bien présentables ; les autres pourraient être utilisés en compotes, jus, yaourts ou confitures ; quant aux fruits les moins beaux, ne pourrait-on pas les destiner à la consommation animale ?
Un cochon ou un cheval est très friand de fruits, il lui importe peu qu'ils soient tachés ou véreux et pourtant ça le change des farines animales qui le rendent fou.
Au début siècle, on disait souvent d'une variété de pommes ou de poires de qualité inférieure que c'était un fruit "à cochon" mais on ne disait pas la même chose de la viande qu'il procurait.

ALAIN ROUECHE.
 
 

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